ORIGINE
Le hip hop est une culture de rue, jeune et urbaine, englobant à la fois de la musique, de la danse et l’art clandestin du graffiti. Il est né au cours des années 1970, dans les ghettos noirs new-yorkais. Des jeunes de milieu pauvre bloquaient une ruelle pour y danser. Ils improvisaient librement des mouvements rythmés sur un nouveau style de chansons: textes rappés et non chantés, musique inspirée de complaintes des esclaves noirs, de jazz, de blues, de soul music et de funk à la James Brown, le tout avec un son jamaïcain.
VALEURS
Au début dans un esprit de fête, le hip hop est vite devenu dans les années 1980 un mode de contestation sociale. Les textes parlent de violence et d’injustice, avec une gestuelle et des vêtements de «bad boys» : casquette de travers, t-shirts très larges, baskets délacées et jeans trop grands qui descendent aux fesses, exactement comme ceux des détenus à qui on retire leur ceinture à leur entrée en prison. Mais on y parle aussi de paix, d’amour, de solidarité entre les peuples, d’honneur et de dépassement de soi.
STYLES
Le hip hop englobe plusieurs styles: le b-boying ou breakdance exige force et équilibre pour exécuter des figures acrobatiques au sol ; le popping fait jaillir les membres un à la fois, de manière saccadée comme un robot, à la Michael Jackson ; le locking isole diverses parties du corps de manière expressive et joyeuse ; le house, en provenance des warehouses de Chicago, très rythmé ; le wacking né de la communauté gaie, plus féminin mais puissant ; le stomp, du genre gumboots ; le krump, très agressif. Le style gangster, humiliant les femmes, ne serait pas typique des valeurs du hip hop selon les experts.
AU QUÉBEC
C’est le breakdance qui a fait connaître le hip hop au Québec dans les années 1980, d’abord par les communautés montréalaises d’origine haïtienne et jamaïcaine. Les films, les vidéoclips américains, la chaîne de télé Musique Plus, les groupes KCLMNOP et Dubmatique ont contribué à ce que le hip hop se répande de plus en plus chez nous dans les années 1990 et 2000. Aujourd’hui, c’est le style le plus populaire auprès des jeunes québécois.
OÙ LE DANSER
On offre des cours de hip hop pour tous les âges dans les écoles de danse, non seulement à Montréal, mais de plus en plus en région. Il y a aussi des ateliers, des spectacles et des compétitions (la principale au Canada, Bust a Move, se tient à Montréal). Le Café Graffiti, une maison de jeunes dans Hochelaga-Maisonnneuve, en a même fait son principal outil d’intervention.